jeudi 31 décembre 2009

Auguste Théophile et Clémence Machet,
et Flavie Lallement.



Auguste Théophile Horguelin, instituteur à Saint Etienne-au-Temple (Marne), né à Vésigneul-sur-Marne le 21 mars 1845, fils de Jean-Baptiste Théophile Horguelin et de Marie Magdeleine Victorine Leblant, épouse à St-Etienne le 27 février 1870, Léonie Clémence Machet, née à Saint-Etienne le 28 juillet 1851, fille d’Antoine Théodule Machet et de Stéphanie Rigollet. Il épouse en secondes noces à Saint-Etienne, le 17 août 1896, Elisabeth Flavie Lallement, née à Sommauthe (Ardennes) le 7 mai 1863, fille de Claude Jules Lallement et de Marie Euphrosine Couty.


L’école de Saint-Etienne-au-Temple, 1865.

« La commune de Saint-Etienne-au-Temple, près de la rive droite de la Vesle, est traversée par la route de Châlons à Suippes. Les rues principales sont parallèles à la rivière sur laquelle descendent beaucoup de jardins. Elle n’a (en 1845) ni maison commune, ni maison d’école, ni presbytère ; mais elle possède un moulin à eau et un à vent. Il y a une pompe à incendie. (…)
Ce territoire contient 1.199 hectares, dont plus de 1.100 en terres labourables, 8 en prés et pâtures, 6 en bois ordinaires, 14 en bois de pins. (…)
Cinquante-cinq laboureurs emploient 120 charrues de deux sortes pour cultiver ce grand territoire crayonneux. (…) » (1)

« La mairie-école n’a pas été conçue par un architecte, mais par l’entrepreneur châlonnais Rogé, faisant fonction en la circonstance de maître d’œuvre. (…)
La réception des ouvrages a lieu le 3 avril 1884. (…)
Le bâtiment, en parement de pierre et meulière, est simplement couvert d’une toiture à deux pentes avec pignons. (…) » (2)

Auguste Théophile Horguelin termine ses études à l’Ecole normale d’instituteurs de Châlons en 1864, à l’âge de 19 ans. Il est nommé instituteur à Saint-Etienne-au-Temple à la rentrée
d’octobre 1864. Il restera à ce poste pendant 37 ans, jusqu’à sa mort en 1902. (3)


La famille d’Auguste Théophile Horguelin.

Auguste Horguelin épouse Clémence Machet (27 février 1870), fille du maire de Saint-Etienne Théodule Machet. Trois filles naissent de ce mariage.

Louise, née le 16 février 1871. Elle épouse à Saint-Etienne le 29 juin 1898, Georges Achille Hurel, né à Bassu (Marne) le 15 juillet 1863, fils de Pierre Esime Hurel et de Marie Jeanne Adélaïde Deverrière.

Léonie, née le 20 novembre 1872. Sans alliance.

Marie, née le 24 avril 1876. Elle épouse à Saint-Etienne le 8 août 1896, François Anatole Giraud, fils de Louis Giraud et de Thérèse Verdy, demeurant à Bourges.

Clémence Machet est décédée à Saint-Etienne le 19 juin 1882.

Auguste Horguelin épouse en secondes noces (17 août 1896) Flavie Lallement, fille de Claude Jules Lallement demeurant à Sommauthe (Ardennes). Ils ont un fils : Paul François Léon, né à Sommauthe le 12 juin 1899. Il épouse à Cernon-sur-Coole (Marne) le 12 août 1929, Marguerite Camille Alzire Brisson, née à Cernon le 18 novembre 1906, fille de Léon Edmond Brisson et de Marie Céline Voisin dit Lacroix.


L’école de Nuisement-sur-Coole (Marne), 1911.

« La commune de Nuisement, près de la Coole, à 1 km1/2 de la route de Châlons à Troyes (…) a (en 1845) une maison d’école, un presbytère, un moulin à eau à deux tournants et un moulin à vent. (…)
Ce territoire montueux , mais en pente douce, a 6 km de longueur et 3 de largeur. Il contient 1.512 hectares, dont près de 1.400 en terres labourables, 4 en prés, 2 en vignes et 43 en bois de pins. (…) Vingt huit laboureurs cultivent un grand territoire crayeux auquel ils donnent suffisamment de fumier pour le rendre productif, surtout en seigle, avoine et sainfoin. (…)
On y cultive les choux comme à Ecury. (…) » (5)

« La mairie-école a été édifiée sous la direction de l’architecte François Poisel de Châlons. (…) La visite de réception définitive a eu lieu le 6 novembre 1879. (…)
Cette réalisation est sans doute l’une des constructions les plus équilibrées de François Poisel, auquel on doit de nombreuses mairies. Le bâtiment est formé de deux parties accolées : un corps de bâtiment à deux niveaux abrite les services de la mairie et le logement de l’instituteur,
tandis que la salle de classe se trouve reportée à l’arrière, dans un second corps de bâtiment dont l’axe est perpendiculaire. L’organisation de la façade principale est habituelle chez Poisel : parements brique et pierre, trois travées, deux niveaux. (…) » (6)

Flavie Horguelin-Lallement, directrice de l’école maternelle de la rue Saint-Dominique à Châlons (1892-1896), en remplacement de son mari décédé, est nommée institutrice à Saint-Etienne-au-Temple le 1er juillet 1902. Elle reste à ce poste jusqu’en 1911. Elle est alors nommée institutrice à Nuisement, à sa demande, pour visiter plus facilement son fils en pension, en empruntant le train à la gare de Nuisement. Elle prend sa retraite en 1921.
Elle est décédée à Nuisement le 1er janvier 1929, à l’âge de 65 ans. (7)



Pièces originales


Acte de mariage Horguelin-Machet, 1870.

« L’an mil huit cent soixante dix, le vingt sept février à six heures du soir, par devant nous Auguste Marie Ferdinand Blanche, maire, officier d’état civil de la commune de Saint-Etienne-au-Temple, canton et arrondissement de Châlons, département de la Marne, sont comparus publiquement dans la maison commune dudit lieu, le sieur Auguste Théophile Horguelin, instituteur audit lieu, âgé de vingt-quatre ans, né à Vésigneul-sur-Marne, canton de Marson, le vingt mars mil huit cent quarante cinq, fils majeur et légitime de défunt Jean-Baptiste Théophile Horguelin, décédé audit Vésigneul le premier novembre mil huit cent soixante et un, et de Marie Madeleine Victorine Leblant, propriétaire à Vésigneul-sur-Marne, à ce présents et consentants, d’une part.
Et demoiselle Léonie Clémence Machet, sans profession, âgée de 18 ans, domiciliée à Saint-Etienne-au-Temple où elle est née le vingt huit juillet mil huit cent cinquante et un, fille mineure et légitime d’Antoine Théodule Machet et de Stéphanie Rigollet, cultivateurs domiciliés audit Saint-Etienne, à ce présents et consentants, d’autre part.
Lesquels comparants nous ont requis de procéder à la célébration de leur mariage, dont les publications ont été faites dans la présente commune les dimanches six et treize février de la présente année, à midi, ainsi qu’il résulte du registre des publications qui a été mis sous nos yeux ; et dans la commune de Vésigneul-sur-Marne, aux mêmes jours et heures, ainsi qu’il résulte du certificat à nous remis par le futur.
A l’appui de leur réquisition, les parties nous ont remis l’acte de naissance du futur, l’acte de décès de son père, le certificat des publications faites dans la commune de Vésigneul-sur-Marne, et l’acte de naissance de la future.
Les futurs époux ainsi que les personnes présentes pour autoriser le mariage, interpellés par nous, en exécution de la loi du dix juillet mil huit cent cinquante, nous ont déclaré qu’il a été fait un contrat de mariage reçu par Maître Morel, notaire à Châlons, le quatorze février mil huit cent soixante dix, ainsi qu’il résulte du certificat par lui délivré le même jour, et à nous présenté sur notre demande.
Aucune opposition à ce mariage ne nous ayant été signifiée, nous officier de l’état civil avons donné aux parties lecture des pièces ci-dessus énoncées et des dispositions du code Napoléon au chapitre six, titre « Du mariage », sur les droits et les devoirs respectifs des époux.
Après quoi, nous avons demandé aux comparants s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme. Chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement, nous avons prononcé au nom de la loi que le sieur Auguste Théophile Horguelin et demoiselle Léonie Clémence Machet sont unis par le mariage.
Le tout a été fait publiquement, et nous avons dressé le présent acte en présence de Louis Gustave Horguelin, âgé de trente quatre ans, et d’Arthus Théophile Horguelin, âgé de vingt neuf ans, tous deux cultivateurs domiciliés à Vésigneul-sur-Marne, et frères de l’époux ;
de Alexis Machet, âgé de soixante quatorze ans, aïeul paternel de l’épouse, et de Claude Antoine Vitry, âgé de soixante cinq ans, grand oncle paternel de l’épouse, tous deux cultivateurs à Saint-Etienne-au-Temple.
Et ont les nouveaux époux, la mère de l’époux, le père et la mère de l’épouse, et les témoins,
signé avec nous le présent acte, après lecture faite ».


Extraits de l’acte de mariage Horguelin-Lallement, 1896.

« L’an mil huit cent quatre vingt seize, le dix sept août à 10 heures du matin, par devant nous Capitet Jules, maire officier de l’état civil de la commune de Saint-Etienne-au-Temple, canton et arrondissement de Châlons, département de la Marne, sont comparus publiquement dans la salle de mairie dudit lieu, Auguste Théophile Horguelin, Instituteur, âgé de cinquante un ans, domicilié audit lieu, né à Vésigneul-sur-Marne le 20 mars mil huit cent quarante cinq, ainsi qu’il résulte des registres de l’état civil dudit Saint-Etienne où a été célébré son précédent mariage, fils légtime de défunt Jean-Baptiste Théophile Horguelin, décédé audit Vésigneul le premier novembre mil huit cent soixante un , ainsi qu’il est constaté à l’acte du précédent mariage du futur, et de Marie Magdeleine Victorine Leblant, rentière, domiciliée audit Vésigneul ; veuf de Léonie Machet, décédée à Saint-Etienne le dix neuf juin mil huit cent quatre vingt deux, ainsi qu’il résulte du registre des décès de ladite comune, le futur époux à ce présent et consentant, et procédant avec le consentement de sa mère, ainsi qu’il résulte d’un acte authentique dressé par Me Clerc, notaire à Pogny, le vingt huit juillet dernier, enregistré le trente juillet suivant, d’une part.

Et Marie Elisabeth Flavie Lallement, directrice d’école domiciliée à Châlons-sur-Marne, âgée de trente trois ans, née à Sommauthe (Ardennes) le sept mai mil huit cent soixante trois, ainsi qu’il résulte de son acte de naissance joint au présent acte, fille légitime de défunt Claude Jules Lallement, décédé à Sommauthe le deux avril mil huit cent quatre vingt, ainsi qu’il résulte de son acte de décès joint au présent acte, et de Marie Euphrosine Couty, sans profession, domiciliée à Sommauthe, à ce présentes et consentantes, d’autre part.

(…) Les futurs époux (…) ont déclaré qu’il a été passé un contrat de mariage reçu par Me Rémy, notaire à Châlons, le treize courant (…)

En présence de Louis Gustave Horguelin, âgé de soixante deux ans, et de Charles Anatole Horguelin, âgé de quarante huit ans, cultivateurs domiciliés à Vésigneul-sur-Marne, frères de l’époux, de Constant Lallement, âgé de trente un ans, et de Joseph Lallement, âgé de vingt sept ans, employés au chemin de fer de l’Est, le premier domicilié à Châlons, le second à Reims, et frères de l’épouse (…) ».



Extrait du bulletin d’inspection de l’Académie de Châlons, 1899


§ VI. Vœux du maître (le maître signera ses vœux. Il ne craindra pas d’être très explicite).

« 55 ans. Est à son poste de début depuis 34 ans.
N’a jamais rien sollicité. Désire rester en exercice
encore 3 années afin de procurer à sa femme le
bénéfice de sa retraite en cas de décès. N’a que
3 années de son mariage actuel. A.Horguelin. »



Carton de décès de Flavie Horguelin, 1929.

« Vous êtes prié d’assister au Convoi, Service et Enterrement de
Madame Veuve Horguelin, née F. Lallement, institutrice honoraire, décédée à Nuisement-sur-Coole, le 1er Janvier 1929, à l’âge de 65 ans, munie des Sacrements de l’Eglise.
Ravie à l’affection de son fils Paul Horguelin, de ses frères et sœurs
et de tous les siens : les familles Lallement et Horguelin, à la sincère amitié de ses nombreux amis, à l’estime de tous.
Priez Dieu pour Elle !
Les Obsèques auront lieu le Vendredi 4 Janvier, à dix heures du matin, en l’église paroissiale de Nuisement.




Notes


La Commanderie de La Neuville-au-Temple (Marne)


Les chevaliers de l’Ordre du Temple (devenus par la suite chevaliers de Rhodes, puis chevaliers de Malte) possédaient des terres dans les vallées de la Vesle et de la Coole, et un hôtel à Châlons, dit « Hôtel de Rhodes » ou maison des Hauts degrés (paroisse Saint-Sulpice).
Le domaine agricole de la vallée de la Vesle englobait les trois villages de Saint-Etienne, Dampierre et Saint-Hilaire. Le siège et les bâtiments principaux de la Commanderie étaient situés au lieu dit « La Neuville » sur le territoire de Dampierre-au-Temple.

Dans la vallée de la Coole, le papier terrier de Nuisement (1773) fait plusieurs fois référence aux propriétés du Temple sur cette commune. On y trouve « la ruelle des Erodes » (corruption de Rhodes) dans le village (localisation probable de la grange). Et aussi des pièces de terre ou de prés en différents lieux dits : « les terres de Rhodes « ou de « la Commanderie », aux Cartiers ; le « pré de Rhodes », à côté des terres de la Seigneurie ; la « terre de Rhodes » au Poutiot, à la fin de Chenayer ; « l’auche de Rhodes » près du village ; les terres de Rhodes « au Haut des garennes », ou « au terme Billoquet ». On lit aussi qu’une parcelle de terre tient « d’un bout à la Miterne et d’autre au Commandeur ».

Sources : Louis Grignon, Topographie historique (…), Châlons, 1889, page 50.

Arch. nationales, Q/1/664, seigneurie de Nuisement, aveu et dénombrement, Terrier de 1773 à 1777. Registre.




Sources


(1) J. Chalette, Dictionnaire des communes, Châlons, 1845, page 63

(2) Sylvain Mikus, « Les mairies du département de la Marne », cantons de Châlons-en- Champagne, in : Champagne Généalogie, n° 118, mars 2008, page 67.

(3) Communication de Louise Hurel-Horguelin, Landerneau, 11 novembre 1966.

(4) Arch. privées, M.H., état civil, Saint-Etienne-au-Temple, Sommauthe, Cernon-sur Coole, 1870-1929.

(5) J. Chalette, Dictionnaire des communes, Châlons, 1845, page 79.

(6) Sylvain Mikus, in : Champagne Généalogie, n° 122, mars 2009, page 54.

(7) Communication de Jeanne Charlier, Nuisement, 29 décembre 1972.

1 commentaires:

alain.chapellier a dit…

pour compléter http://www.racine-d-ardennes.fr/boutique/fiche_produit.cfm?ref=EGVRaci6&type=1&code_lg=lg_fr&num=0