jeudi 17 septembre 2009




Nicolas Louis et Antoine Horguelin


Nicolas Louis Horguelin, né à Pogny en Champagne (1752)
décédé à Paris (1826), fils de Barthélemy Horguelin et de
Louise Boucart.

Antoine Horguelin, né à Pogny (1781), décédé à Montrouge
(1864), fils de Jean Horguelin et de Marie Marguerite Mallet,
épouse Jacqueline Delcroix (1783-1833).



Deux champenois à Paris sous la Révolution.

Nicolas Louis Horguelin apparait dans les archives des notaires de Paris en 1791. Il a 39 ans. Il est « marchand de bois demeurant rue du Petit Vaugirard, paroisse Saint-Sulpice ».
Il loue à Julien Meirieu un terrain « situé entre les rues des Capucins et Saint-Nicolas, Chaussée d’Antin ». (1)

Antoine Horguelin, neveu et filleul du précédent, fait l’objet en 1802 d’un dossier conservé aux archives de Paris, dans la série « Direction des Domaines de la Seine ». Il a 21 ans. Il achète à Jean Marie Cabiran « un terrain situé à Paris, rue Saint-Dominique, au Gros Caillou, provenant de l’emplacement de la ci-devant église du Gros Caillou, y compris le ci-devant cimetière y attenant (…) moyennant la somme de 9.000 francs ». (20 nivose an XI) (2)


Une enquête de la Direction des Domaines de la Seine, 1799.

« Le 1er jour complémentaire an VIII », le directeur de l’Enregistrement et du Domaine national de Versailles écrit à son collègue de Paris : « J’aurais besoin de renseignements positifs sur la solvabilité du Sieur Horguelin demeurant rue Croix Chaussée d’Antin, n° 541 ».
Le 9 Brumaire an IX (9 octobre 1800), la réponse du citoyen Directeur de Paris est la suivante : « ce citoyen est aisé ou du moins mène la vie d’un homme à son aise, et il fait des opérations de commerce à la Bourse ». (3)


Vente de pièces de terre à Omey en Champagne, 1806.


Le 19 janvier 1806, « le Sieur Antoine Horguelin, négociant demeurant à Paris rue de l’Arcade n° 34, étant de présent audit Omey chez le Sieur Jean Horguelin son père, cultivateur audit lieu,
(…) vend plusieurs pièces de terre (…) à lui appartenant en qualité de défunte Marie Marguerite Mallet sa mère décédée, épouse dudit Sieur Horguelin ci-dessus nommé (…) ». (4)




Achat d’une maison Chaussée du Maine, près Paris, 1816.


Le 8 janvier 1816, « M. Antoine Horguelin, marchand de vin en gros demeurant au Petit Montrouge près Paris », achète à Jean Baptiste Digeon « une grande maison, jardin, dépendances, sise au Petit Montrouge, n° 22 Chaussée du Maine (…) moyennant la somme de vingt quatre mille francs (…) ». (5)


Un conseiller municipal de Montrouge, 1826.

« Antoine Horguelin a été conseiller municipal de Montrouge du 6 mai 1826 au 24 avril 1830, puis du 29 mars 1831 au 7 novembre 1835, pour réapparaître le 17 septembre 1840, survivant si l’on peut dire à la Révolution de 1848, jusqu’à l’Empire (le 15 octobre 1852 marquant la nomination des maires par le gouvernement) où il reprend son siège par décret impérial du 31 octobre précédent, le 14 novembre 1855. Il ne parait plus dans la liste après l’annexion de 1860 ». (6)


La famille d’Antoine Horguelin

Antoine Horguelin épouse (avant 1808) Jacqueline Delcroix née à Montrouge en 1783.
Ils ont trois enfants :
-Adélaïde Joséphine, baptisée paroisse Saint-Roch à Paris, le 30 juillet 1808. Elle épouse à Châlons-sur-Marne Victor Laverne, né à Châlons le 18 décembre 1793. Adélaïde est décédée le 2 septembre 1891 et inhumée au cimetière de Montrouge.
-Elisa, née le 27 avril 1811, décédée le 2 janvier 1892, inhumée au cimetière de Montrouge.
-Victor Antoine, né le 7 novembre 1819, décédé le 7 avril 1891, inhumé au cimetière de Montrouge.

Jacqueline Delcroix est décédée à Paris le 16 août 1833 à l’âge de 50 ans. Inhumée à Montrouge.
Antoine Horguelin est décédé à Paris le 20 février 1864 à l’âge de 83 ans. Inhumé à Montrouge.

Tous les membres de cette famille ont leur sépulture dans deux tombes voisines au cimetière de Montrouge (section 2, contre le mur qui longe l’avenue de la Porte de Montrouge) (7)

Nicolas Louis Horguelin est décédé à Paris et inhumé au cimetière de Montrouge le 11 janvier 1826. La tombe a disparu. Elle a été cédée à une autre famille en 1951 :
« Le corps a été inhumé le 11 janvier 1826, mais on ne trouve qu’une tombe moderne (de 1951) à cet emplacement qui a été cédé à une autre famille. En effet, et pour peu qu’on puisse suivre la trace, il est alors exhumé le 12 avril 1951 pour être réinhumé dans la crypte (5.4.2) d’où il est à nouveau tranféré au cimetière de Chevilly-la-Rue le 2 mars 1990. (…) Il n’y avait que ce corps dans le tombeau ». (8)

Nota : le cimetière de Montrouge a été créé sur le site d’une carrière souterraine. Cette carrière renferme huit ossuaires. (9)




Pièces originales



Actes de baptême de Nicolas Louis et Antoine Horguelin

« L’an de grâce mil sept cent cinquante deux, le 19 novembre, par moy a été baptisé dans l’église dudit lieu (Omey), un fils qui a été nommé Nicolas Louis, né le jour précédent en légitime mariage de Barthélemy Horguelin et Louise Boucart, et a eu pour parrain Nicolas Louis Laidebeure, et pour marraine Marie Rousselet, qui ont signé avec nous ».
Arch. privées, M.H., registres paroissiaux d’Omey, 1752.

« Antoine, fils légitime de Jean Horguelin et de Marie Marguerite Malet de cette paroisse, est né le 24 février 1781 et le lendemain a été baptisé par moi curé soussigné, ayant eu pour parrain Antoine Mathieu, fils de Nicolas Mathieu laboureur demeurant à Pogny, et pour marraine Marie Françoise Notret, fille de François Notret charron demeurant à Omey, et ont signé avec nous ».
Arch. privées, M.H., registres paroissiaux de Pogny, 1781.


Acte de baptême d’Adélaïde Joséphine Horguelin, Paris, 1808.

« Le samedi 30 juillet1808 a été baptisée Adélaïde Joséphine, née la veille, fille de Antoine Horguelin, Commissionnaire, et de Jacqueline Delcroix son épouse, rue des Orties n° 3.
Le parrain, Nicolas Avelin, même demeure. La marraine, Marie Georgette Adélaïde Perreau, demoiselle majeure, rue Saint-Antoine n° 9, qui ont ainsi que le père, signé avec nous ».
Eglise St-Roch, Paris, registre des baptêmes, 1808.


Vente immobilière à Paris, 5 Prairial an XI (1803)

« Par devant Charles François Drugeon et son confrère, notaire à Paris près le Tribunal d’appel, (…) fut présent Nicolas Horguelin, marchand de bois demeurant à Paris rue Sainte Croix n° 541,
Chaussée d’Antin, lequel a par ces présentes vendu, ceddé et abandonné dès maintenant et pour toujours, (…) à Charles François Thibault, marchand de bois demeurant à Paris rue Saint-Dominique, division de la Fontaine de Grenelle n° 1050, à ce présent (…) :
(1) Une portion de terrain vague propre à bâtir, sur lequel est construit un bureau et appenti, ledit terrain (…) tenant par devant à la rue Neuve des Capucins, d’autre à celle de St-Nicolas ou de l’Egout, d’un côté à Colincourt et Cayoux et d’autre côté aux citoyens Gagné et fils et à Mme Jeanesson.
(2) et un terrain situé à Paris rue du Houssay (…) tenant d’un bout du côté de la rue de Provence, (…) l’autre côté de la rue Chantereine, aujourd’hui de la Victoire (…)
Ledit Horguelin propriétaire de ces deux terrains, scavoir du grand désigné sous l’article premier comme l’ayant acquis de Claude Jean de Ste-Croix, (…) par contrat passé devant Drugeon (…) le huit juin mil sept cent quatre vingt douze (…) Quant au terrain de la rue du Houssay, ledit Horguelin en est propriétaire comme s’en étant rendu adjudicataire pour le nom du citoyen Chappe, homme de loi (…). Et enfin cette vente faite moyennant la somme de quarante mille francs de prix principal (…). Fait et passé à Paris, l’an XI de la République, le cinq Prairial, et ont signé ces présentes, lecture faite ».
Arch. nationales, MC/ET/XLVI/639, étude Drugeon, an XI.


Quittances pour M. Pommery, rue Ste-Croix de la Bretonnerie, 1815.

(« trois quittances pour le même aux mêmes »)

Première quittance, 2 juin 1815.
« (…) M. Jean Nicolas Armand Pommery, négociant demeurant à Paris rue Ste-Croix de la Bretonnerie n° 20, reconnaît (avoit reçu) de M. Valentin Grégoire Breton, marchand grenetier, et Antoine Horguelin, marchand de vin en gros, demeurant tous deux au Petit Montrouge n° 22 (Chaussée du Maine) (…) la somme de deux mille six cent dix huit francs quatre centimes… ».

Deuxième quittance, 9 juillet 1815.
« (… ) la somme de deux mille quatre cent cinquante quatre francs quatre vingt onze centimes… ».

Troisième quittance, 12 juillet 1815.
« (…) la somme de deux mille quatre cent soixante onze francs soixante neuf centimes… ».

Arch. nationales, MC/ET/I/746, étude Desprez, 1815.



Notes

Si Montrouge m’était conté , 1801-1819

« Montrouge sous Dubreuil de Mazière (Maire de 1801 à 1819). Le comité de bienfaisance.
(…) Le comité se réunissait sous la présidence du Maire et « dans sa maison », plusieurs fois par an, sur convocation. Les membres, rééligibles comme l’ont été Amaury Duval ou Antoine Horguelin, étaient renouvelés par tiers tous les trois ans sur proposition de cinq noms de notables parmi lesquels le sous-préfet choisissait (…) ».
La Magazine de Montrouge n° 58, juin juillet août 2004, page 39. Article de Patrick Vauzelle.


La barrière du Maine, Paris, 1815.

Antoine Horguelin s’installe à la sortie de la barrière du Maine (1815), laquelle permettait de franchir l’enceinte des Fermiers généraux (1787) en direction de Montrouge et de la route d’Orléans. L’architecte Claude Nicolas Ledoux avait élevé les deux pavillons d’octroi reliés par une grille, qui fermaient cette barrière.

« Le quartier de la barrière du Maine allait connnaître en 1840 un grand bouleversement avec la construction de « l’embarcadère de la barrière du Maine », c'est-à-dire la première gare Montparnasse ». L’emplacement de la maison d’Antoine Horguelin (22, Chaussée du Maine)
se situerait aujourd’hui à peu près à la hauteur de la rue Vandame. Ce quartier convenait particulièrement pour le commerce du vin, si l’on en croit Hillairet qui écrit : « la rue de la Gaîté
doit son nom de 1830 au voisinage des anciennes barrières du Montparnasse et du Maine qui, entourées de bals, de guingettes, de restaurents, de théâtres, (…) firent de cette rue un pays de cocagne. Une chanson populaire vantait en 1825 :
Un cabaret, barrière du Maine
Au temps où le vin se vendait six sous
Lorsque, pour six blancs, on avait sans peine,
Un plat de goujons et de lard aux choux.
(Six blancs valaient alors deux sous et demi) ».

Jacques Hillairet, « Dictionnaire historique des rues de Paris », 1997, tome I, page 563.




Sources


(1) Arch. nationales, Minutier central, fichier des 17e et 18e siècles. (voir Horguelin et Meirieu)

(2) Arch. de Paris, DQ/10/92, n° 1.188, Direction des Domaines de la Seine, an XI.

(3) Arch. de Paris, DQ/10/196, n° 7264, an VIII.

(4) Arch. privées, C.H., étude Arnould, 1806.

(5) Arch. nationales, MC/ET/I/746, étude Desprez, 1816.

(6) Arch. privées, M.H., lettre de Patrick Vauzelle, 13 novembre 2005.

(7) Cimetière municipal de Montrouge, registre des inhumations, 1833-1892.

(8) Arch. privées, M.H., lettre de Patrick Vauzelle, 13 février 2006.

(9) Laurent Destrière, « Les Catacombes de Paris. Cimetière de Montrouge ».
Site WEB Geo 1777, 29 novembre 2005.

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