lundi 6 juillet 2009




Jacques et Louise Jeanne Crommelin


Jacques Horguelin (1690-1770), banquier à Paris puis à
Berlin, fils de Jérémie Horguelin et de Marie Cadet,
épouse (1726) Louise Jeanne Crommelin, fille de Jean
Crommelin, sieur de Bercy, et de Marie Esther Foissin.




Le Secrétariat d’Etat de la R.P.R., 1727.


« De 1598 à 1685, le Secrétariat d’Etat à la R.P.R. veille à la bonne application de l’édit de Nantes. Après la révocation de l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau en octobre 1685, le Secrétaire d’Etat de la R.P.R. intervient dans nombre d’affaires particulières engendrées par la législation répressive élaborée à l’encontre des Protestants : troubles divers, assemblées illicites, placements ou enlèvements d’enfants, demandes de pensions, emprisonnements de ministres, délivrances d’autorisation de vente de biens par les gens de la R.P.R. si le montant en excède 3.000 livres, etc… ». (1)

En 1727, Jacques Horguelin, « banquier négociant à Paris, y demeurant rue du Petit Champ Saint-Martin, paroisse Saint-Nicolas des Champs », demande la permission de vendre « certains biens qu’il possède dans la généralité de Champagne ».
L’intendant de Champagne César Charles Lescalopier (1671-1753) fait son enquête et donne son avis à l’administration centrale (20 janvier 1727) : « Monsieur Lescalopier informe que l’on peut tout au plus accorder aux Sieurs Horguelin la permission de vendre leur bien foncier jusqu’à concurrence de 10.000 livres ».

L’intendant Lescalopier joint à sa lettre un « Etat des biens appartenant audit Horguelin, provenant des successions de Jérémie Horguelin et Marie Cadet, père et mère ».
La succession paternelle comprend une maison « scize à Châlons place du Marché » et six fermes situées sur les territoires d’Epences, Remicourt, Ecury-sur-Coole, Pargny-sur-Saulx, Rheims-la-Brulée et Rosay.
La succession maternelle comprend une maison et portion de seigneurie à Escriennes, et deux autres maisons situées à Maisons-en-Champagne et Montcetz près Vitry.
L’Intendant signale enfin que « ledit Jacques Horguelin a encore, outre cela, pour 41.000 livres de contrats sur l’hôtel de ville ». (2)

Une première vente est passée en 1734 avec le Sieur Contenot, conseiller du roi, Garde marteau de la maîtrise des Eaux et Forêts de Vitry-le-François moyennant la somme de 8.100 livres. (3)
Une deuxième vente intervient en 1735 avec le Sieur Joseph Gandolphe, « marchand de bois pour la provision de Paris, y demeurant Isle Notre-Dame, rue des Deux Ponts, paroisse Saint-Louis », moyennant la somme de 6.400 livres. (4)



Les banquiers de Paris de la R.P.R. après 1685.

« Le 14 décembre 1685, le secrétaire d’Etat Seignelay (Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, fils aîné du grand Colbert), convoque les banquiers et négociants de Paris de la R.P.R. et les invite, par appel nominatif, à signer une déclaration de foi catholique. Dans la plupart des cas, l’acte de soumission n’a pas empêché plusieurs des signataires soit d’émigrer par la suite, soit de rester plus ou moins clandestinement protestants tout en restant à Paris ».
Trente ans plus tard (1715) un pasteur suisse s’étonne de la condition de ces « nouveaux convertis » qui jouissent à Paris d’une certaine tolérance :
« J’ai été surpris de trouver les gens de la Religion qui sont à Paris en si grand nombre et aussi zélés qu’ils le sont. Tous ceux des provinces qui craignent d’être observés ou qui étoient poursuivis de trop près, se sont retirés dans cette grande ville et s’y sont établis surtout depuis quelques années, et vivent dans cette capitale, la plupart à leur aise, les uns de leurs rentes de campagne, les autres de leur négoce, quelques uns de leur travail et de leur industrie ». (5)

Jacques Horguelin et son père Jérémie font partie de ces banquiers et négociants de province qui vivent à Paris de leur « rente de campagne » et de leur négoce.
Ils sont apparentés à plusieurs d’entre eux : Daniel d’Origny, banquier originaire de Champagne, Jérémie Burgeat, négociant originaire de Vitry-le-François et Catherine Crommelin, sa femme, originaire de St-Quentin en Picardie, Pierre Foissin, conseiller du roi, banquier originaire de Meaux, Pierre Clergeau, bourgeois de Paris, beau-père du banquier Samuel Bernard, allié à plusieurs familles financières d’origine protestante.
La plupart d’entre eux habitent dans le même quartier d’affaires autours de la rue St-Martin :
Samuel Bernard habite à ses débuts rue Bourg-l’Abbé, Jérémie Horguelin rue des Petits Champs St-Martin, Pierre Foissin rue St-Denis « devant St-Leu », Pierre Clergeau rue St-Martin, paroisse St-Médéric (St-Merry), Jacques Horguelin rue des Blancs Manteaux, dans le quartier voisin du Marais.
A l’exemple des frères de son père qui épousent l’un Madeleine Bernard, l’autre Louise Clergeau, Jacques épouse la fille de Jean Crommelin et Marie Esther Foissin.
Jacques et Louise Jeanne Crommelin ont deux enfants : Marie Jeanne, née à Paris en 1728 et Paul Jacques, né à Paris en 1729.
Ils vivent dix ans à Paris (1726-1736), jusqu’au jour où ils décident d’émigrer à Berlin.
Jacques ne semble pas s’être accomodé de la situation faite aux Religionnaires dans le royaume de France. Il en garde un certain dépit jusqu’à la fin de sa vie. Au moment de faire son testament, il lègue toute sa fortune à sa fille unique Marie Jeanne, « en recommandant à ma dite fille d’affecter cette somme (200.000 thalers) à l’achat de terres à sa convenance, à condition toutefois qu’elles soient situées en des lieux où la religion réformée ou protestante domine ». (6)


La Mittelstrasse de Dorotheenstadt, Berlin, 1736.


Berlin connait au 17ème siècle deux extensions à l’ouest : la ville nouvelle de Dorotheenstadt (du nom de la seconde femme du Grand Electeur : Dorothea) à partir de 1674, et la ville nouvelle de Friedrichstadt, laquelle absorbe la Dorotheenstadt en 1681.
La Mittelstrasse (rue du Millieu) tire son nom du fa it qu’elle occupait la place du milieu par rapport aux trois plus anciennes rues de la Dorotheenstadt. Au sud, la promenade Unter den Linden. Au nord, la rue Letztesstrasse (la dernière rue.)

L’église de la Dorotheenstadt était construite sur la Mittelstrasse (1678-1687). Elle servait à la fois au culte luthérien et au culte calviniste. (7)
Quand Jacques Horguelin et sa famille quittent la rue des Blancs Manteaux à Paris pour s’établir rue du Milieu à Berlin (1736), deux de leurs cousines germaines vivent déjà à Berlin : Suzanne Horguelin-Bernard (1681-1763), femme d’Hermann Cochius, secrétaire d’Etat ; et Marie Horguelin-Chef d’Hostel (1700-1784), femme d’Antoine Achard, pasteur de l’église française de Berlin.
Jacques fait prospérer ses affaires de banque. Il a gardé le contact avec ses notaires parisiens (notamment Dulion de Boissy et Baron, notaires au Châtelet), et d’année en année, il passe des contrats d’achat de rentes de l’Hôtel de Ville de Paris (7.000 livres en 1753, 4.800 livres en 1756, 33.600 livres en 1758, 14.000 livres en 1759, 20.000 livres en 1762, 10.400 livres en 1765). (8)
Le roi de Prusse Frédéric II le nomme secrétaire du commerce ; le 26 novembre 1748, il lui accorde des lettres de noblesse.
Un chroniqueur de l’époque note que Jacques Horguelin est « aussi connu par son rare mérite que par ses richesses et par les sommes considérables qu’il a consacrées aux diverses fondations de la Colonie (française) de Berlin ». (9)
Dans son testament (1770) il fait des legs en faveur de la plupart des établissements de la communauté française : à la Maison française pour les orphelins : rente annuelle de 100 thalers ; à l’Ecole de Charité (pour les enfants des familles pauvres) : rente annuelle de 200 thalers ; au Consistoire français : 700 thalers, en partie pour la rétribution de l’organiste de l’église de la Friedrichstadt ; la Maison française (pour les réfugiés pauvres) : 500 thalers pour l’achat d’une maison. (9)


La famille de Jacques Horguelin, Paris-Berlin, 1726-1770.

Jacques Horguelin et Louise Jeanne Crommelin appartiennent à deux familles de « nouveaux convertis » originaires de la province (Châlons en Champagne et St-Quentin en Picardie) et vivant à Paris. La date de leur mariage n’est pas connue. Ils ont deux enfants : Marie Jeanne née en 1728 et Paul Jacques né en 1729.

Le 5 septembre 1736, peu de temps après leur arrivée à Berlin, Paul Jacques, âgé de 8 ans, meurt de la petite vérole. Il est enterré au cimetière de la Dorotheenstadt. Cette mort prive Jacques Horguelin de toute descendance masculine. (10)

Le 29 décembre 1748, Marie Jeanne épouse Sigismond de Redern, chambellan de la reine-mère
de Prusse. Le mariage « est béni en chambre » par le pasteur Lorent, cousin par alliance de Jacques (11)

Le 17 juin 1762, Louise Jeanne Crommelin, âgée de 71 ans, meurt d’une attaque d’apopléxie. Elle est inhumée dans le caveau de famille de l’église de la Dorotheenstadt. (12)
Le 6 janvier 1770, Jacques Horguelin, âgé de 79 ans, est mort d’apopléxie. Il est inhumé dans le caveau de l’église de la Dorotheenstadt. (13)

Cette église a été détruite au cours de la seconde guerre mondiale. Son emplacement est occupé aujourd’hui par un parking, au cœur de la vieille ville.



Pièces originales




Lettre de Claude Contenot au Roi, Vitry, 1734.

« Au Roy
Sire,
Claude Contenot, garde marteau des Eaux et Forêts de Vitry-le-François, demeurant audit Vitry, rend compte très humblement à votre Majesté que pour tâcher de contribuer à former des établisssements solides à sa famille qui est assès nombreuse, aiant sept enfans, il a achetté par contract passé devant nottaires au Châtelet de Paris le 13 du mois de septembre 1734, de Jacques Horguelin, bourgeois de Paris et de Louise Jeanne Cromelin sa femme, quelques petits biens qui étoient à sa bienséance, consistant en quatre petites fermes situées à trois lieux de distance dudit Vitry et en quatre parties de vente estant, moiennant la somme de huit mil cent livres faisans le prix principal de la dite vente qu’il auroit payée comptant au Sieur Briant, marchand joaillier à Paris, sur celle de treize mil cinq cens livres, dont ledit Sieur Briant étoit créancier dudit sieur Horguelin par obligation du 16 septembre 1726 ; et comme ledit Sieur Horguelin est issu de père et mère qui avoient autrefois fait professin de la R.P.R. quoyque ledit sieur Horguelin soit né dans le sein de l’église catolique, qu’il a esté baptisé, le suppléant, pour prévenir toutes inquiétations , a recours à votre Majesté qui est très humblement suppliée de vouloir autorizer et confirmer la vente faite à son profit porté au contract dudit jour 13 septembre 1734 et le suppléant continuera de prier Dieu pour la santé et prospérité de votre Majesté et de la famille Royale.
Contenot.
M. le Garde des Sceaux. »
(Archives nationales, TT/149/XI, religionnaires fugitifs, 1734)


Acte de vente Horguelin-Gandolphe, Paris, 1734.

« 13 septembre 1734.
Par devant les Conseillers du Roy notaires à Paris soussignés, présent le Sieur Jacques Horguelin, banquier à Paris et y demeurant rue des Blancs Manteaux, paroisse St-Jean-en-Grêve, lequel a par les présentes vendu (…) au Sieur Joseph Gandolphe, marchand de bois pour la provision de Paris, y demeurant isle Notre-Dame, rue des Deux Ponts, paroisse Saint-Louis, au présent et acceptant acquéreur pour luy, ses hoirs et ayant cause :
-Premièrement, une maison scize en la ville de Chaalons-en-Champagne, place du Marché, paroisse Saint-Alpin, couverte de thuiles courbes, bâtiment et dépendances, et aiant vue et sa principale entrée sur le dit Marché où elle tient par devant et d’une part une ruelle appellée la rue l’Allemand, consistance et dépendance, et laditte maison (…) louée au nommé Camus cent vingt livres par an.
-Plus une ferme située à Espence près Ste-Menehould, finage et terroir circonvoisin, avec toutes ses dépendances, exploitée par Jean Saget, laboureur audit Espence, à luy affermée dix septiers de froment mesure dudit Chaalons pour chacun an.
-Plus cinq à six journels de terres labourables situez à Remicourt , près ledit Espence, loués à la veuve Garnier douze livres par chacun an.
-Plus et la somme de dix neuf cent soixante quinze livres de principal estant due et à payer de celle de quatre mil cent livres de principal, moyennant laquelle ledit Horguelin et damoiselle Louise Jeanne Crommelin son épouse, ont vendu à Marie Anne Cheminon, veuve de Pierre Pasté, demeurant à Estrepy, cinquante trois journées et un quartier ou environ de terre et préz situés au finage de Pargny-sur-Saulx, Maison-aux-Bois, Montoir et autres lieux voisins, et plusieurs pièces et contrées, par contrat passé devant Robert Coste de Ser, notaire royal à Vitry-le-François, résidant à Sermaize, présent et témoin, le quinze septembre 1729 (…)
Les dits biens vendus appartenant audit Horguelin, vendeur, en propres et comme seul et unique héritier de feu Sieur Jérémie Horguelin son père, bourgois de Paris. (…)
Cette vente faite, à la charge (…) par ledit Sieur acquéreur , ainsi qu’il s’oblige, de payer par chacun an , jour et en l’acquis du Sieur Horguelin vendeur, à Dame Marie Jeanne Horguelin sa sœur, engagée dans la communauté des Dames Régentes nouvelles catholiques dudit Chaalons, demeurant en ladite ville, pendant la vie et jusqu’au décès de ladite Dame Horguelin, les cent livres de pension viagère à elle dues annuellement, suivant l’acte passé devant de Bar et son collegue, notaires audit Chaalons, le neuf aoust mil sept cent vingt six, controllé et insinué (…)
Ladite vente, moyennant la somme de six mil quatre cent livres (…)

Passé devant les notaires à Paris soussignés, ce jourd’hui 20 mars 1735. Signé. Scellé. »
(Archives nationales, TT/149/XII, 1735)


Constitution de rente sur l’Hôtel de Ville, Paris, 1762

« 2 mars 1762. Constitution de rentes héréditaires à 4 % sur les Aides et Gabelles (…) du mois d’avril 1758. Numéro 5929.

PAR DEVANT les Conseillers du Roi, Notaires, garde-notes et gardes-scel au Châtelet de Paris soussignés, furent présents Pierre Jules Darlu, écuier, conseiller du Roy quartenier, Jean Boyer de Saint-Leu, écuier, Louis Mercier, écuyer, conseiller du Roy en l’hôtel de ville de Paris, et Laurent Jean Babette, écuyer, avocat au parlement, tous échevins de cette ville de Paris.
Lesquels ont dit que Sa Majesté, par son édit donné à Versailles au mois d’avril 1758, enregistré au Parlement le 18 dudit mois, aurait créé trois millions deux cens mille livres actuelles et effectives de rentes héréditaires à quatre pour cent, qui seraient vendues et aliénées auxdits sieurs Prévôt des Marchands et Echevins de cette ville, par les Commissaires du Conseil qui seraient nommés à cet effet. (…)

En conséquence desquels édit, vente et aliénation et du pouvoir porté par iceux, lesdits sieurs Prévôt des Marchands et Echevins ont par ces présentes créé et reconstitué et promis pour et au nom de SA Majesté, garentir de tous troubles et empêchements généralement quelconques, à M. Jacques d’ Horguelin, Négociant à Berlin, accepté par Louis François Mettra, écuyer, ancien échevin, demeurant à Paris rue Quincampoix, paroisse St-Leu et Gille, à ce présent, quatre cent livres de rentes annuelles (…)
Cette reconstitution faite moyennant la somme de dix mille livres payée comptant par le dit Sieur d’Horguelin ès mains de Messire Joseph Micault d’Harvelay, Conseiler du Roy en ses conseils, Garde de son Trésor royal, suivant la quittance du trente un décembre mil sept cent soixante et un, registrée au contrôle général des finances le six février 1762 (…)
Fait et passé à Paris, savoir, à l’égard desdits sieurs Prévôt des Marchands et Echevins, l’an mil sept cent soixante deux, le deuxième jour de Mars avant midi. Et ont signé ».
(Archives nationales, MC/ET/XCV/280, étude Dulion de Boissy, 1762)


Testament de Jacques Horguelin, Berlin, 1768.

« Je soussigné Jacques d’Horguelin, étant sain d’esprit et de mémoire, ai dicté mot à mot et fait rédiger mon présent testament (…) comme suit, n’étant pas apte à le rédiger moi-même, ayant perdu la vue. (…)
Item 1. J’institue ma fille unique Marie Jeanne d’Horguelin, épouse de M. Sigismond Ehrenreich de Redern, héritière de tous mes biens, droicts et créances, en quelque pays qu’ils puissent se trouver, à condition qu’elle observe tous les articles suivants.

Item 2. Je donne et lègue en parts égales à ses enfants actuels et à venir, la somme de deux cent mil thalers en or (…) en recommandant à ma dite fille d’affecter cette somme à l’achat de terres à sa convenance, à condition toutefois qu’elles soient situées en des lieux où la religion réformée ou protestante domine, desquelles terres elle aura la jouissance pour moitié sa vie durant, et l’autre moitié seulement jusqu’au moment où lesdits enfants auront atteint, pour les filles l’âge de vingt cinq ans, et pour les fils celui de trente ans. (…)
Ma dite fille jouira de ces terres, mais d’ici leur achat, l’intérêt de ladite somme de 200.000 thalers, à quatre pour cent, calculé à compter de trois mois après mon décès, sera ajouté comme étant une augmentation de capital au profit de ses enfants, après toutefois avoir prélevé chaque année la somme de cinq cents thalers qui seront divisés à raison de cent thalers à la Maison française des orphelins, connue sous le nom de Französisches Waisenhaus ; deux cents thalers au Consistoire français qui devra annuellement distribuer cent thalers à la Maison française des réfugiés pauvres (…)
Ladite somme de cinq cents thalers sera payée annuellement (…), en argent courant, aux dites trois institutions, jusqu’à ce que la somme des deux cent mil thalers et l’intérêt en provenant auront été entièrement dépensés dans l’achat des terres.

Item 3. Je donne et lègue au Consistoire français la somme de cinq cents thalers dont les intérêts seront affectés à la rétribution de l’organiste et à l’entretien de l’orgue de la Friedrichstadt.

Item 4. Je donne et lègue à la Maison française la somme de cinq cents thalers pour l’aider à prendre les mesures appropriées en vue d’assurer une dotation à la maison qu’ils se proposent d’acheter (…)

Item 5. Je done et lègue la somme de cent thalers à chacun des enfants de George William Milla.

Item 6. Au cas où les personnes suivantes seront encore à mon service au moment de mon décès, je donne à Mme Jane Mourier la somme de cinquante thalers en argent liquide, en plus d’une pension de huit thalers par mois, aussi longtemps qu’elle vivra.

Item à Paul Pelloutier, vingt cinq thalers en argent liquide, outre les douze thalers en rente viagère que je lui ai attribuée au titre de l’Ecole de Charité.

Item à Catherine Cordier, quinze thalers en argent liquide, en plus de la rente viagère de douze thalers que je lui ai attribuée au titre de l’Ecole de Charité.

Item à Martin Raumese, mon cocher, la somme de soixante cinq thalers.

Tous les articles ci-dessus à compter du troisième inclusivement, seront payés en monnaie courante trois mois après mon décès, me réservant en outre le droit d’y ajouter, d’en retrancher et d’effectuer les modifications que je jugerai à propos d’apporter (…)

EN CE JOUR, le seizième d’août mil sept cent soixante huit, à cinq heures du soir, devant nous, Juge et assesseur de la Justice française de Berlin, requis en bonne et dûe forme, a comparu dans la maison de nous, Juge, située à Friedrichstadt, rue des Chasseurs (Jägerstrasse), Monsieur Jacques d’Horguelin, privé de vue mais en bonne santé physique et sain d’esprit, qui nous présenta son testament et l’ordonnance de ses dernières volontés (…), le Juge et assesseur ont rédigé le présent acte qui a été lu au testateur, lequel a déclaré qu’il y acquiesçait, et nous avons signé le dit acte et y avons apposé le sceau de notre justice.
Fait à Berlin à la date indiquée ci-dessus.
Etienne Chevillette. P. Humbert ».



Registres paroissiaux de la Französische Kirche zu Berlin, 1736-1770.


Acte de décès de Paul Jacques Horguelin, Berlin, 1736.
« Septembre 1736, le 5ème dits est mort de petite verole, Paul Jacques Horguelin, agé de 8 ans, fils de monsieur Jacques Horguelin et de dame Louise Jeanne cromelin. Enterré le 6ème au cimetière de la dorothée Stadt.
Pelloutier, pasteur. Gaultier de la Croze, ancien ».


Acte de mariage de Marie Jeanne Horguelin, Berlin, 1748.
« Le 29ème Décembre 1748 Mr le Pasteur Lorent a béni en chambre le mariage de Monsieur Sigismond Ehrenreich de Redern, natif de Schwante près de Berlin, Chambellan de Sa Majesté la Reine Mère, fils de Monsieur Erasme Guillaume de Redern, seigneur de Schwante et de Staffeld, et de Dame Catherine Elisabeth de Brädow
Avec Demoiselle Marie Jeanne d’Horguelin native de Paris, fille de Monsieur Jaques d’Horguelin et de Dame Louise Jeanne Crommelin ».


Acte de décès de Louise Jeanne Crommelin, Berlin, 1762.
« Le 17ème de juin 1762 à midi, est morte d’une attaque d’Apoplexie Dame Louise Jeanne de Cromelin, femme de Monsieur Jaques d’Horguelin, agée de 71 ans, native de St-Quentin en Picardie. Son corps a été déposé le 19ème dans le Caveau de l’église de la Dorotheestadt ».


Acte de décès de Jacques Horguelin, Berlin, 1770.
« Le 6ème de Janvier 1770, à dix heures et demi du matin est mort d’Apoplexie Monsieur Jaques d’Horguelin, agé de 79 ans et 10 jours, natif de Chalons en Champagne, fils de deffunts Monsieur Jérémie Horguelin et de Marie Cadet sa femme. Il a été déposé le 10ème dans le caveau de l’Eglise de la Dorothéestadt ».



Notes


Extrait des notices généalogiques de Bertin du Rocheret



« Jacques horguelin, d’horguelin, né à Chalons le 26 décembre 1680, demeurant à Berlin.
Se fit Bourgeois de Paris à l’exemple de son Père. Vendit le 26 mars 1734 la maison de la Toison d’or à M. Contenot, marchand à Vitry. Sortit du Royaume pour la Religion. S’établit à Berlin en Brandebourg, y demeurant rue du Millieu à la frederichstadt. Riche de plus de 600.000 livres en fonds d’heritages. Hérite de son frère Jean horguelin de Silésie 1746. Inccommodé de la vue 1750. Ecrit à M. le President Bertin du rocheret à Epernay le 23 janvier 1751.
Epousa …
Eut (…)
Marie Jeanne d’horguelin. Melle horguelin, riche de Deux millions à Berlin, femme du Comte de Rheder, comte de l’Empire, premier Eschanson de frederic III, Roy de Prusse, Electeur de Brandebourg. Femme 1749 de de Rhedre, Grand Maistre de la Maison de sophie dorothée d’hannover, Reyne. Veuve 1740 du Roy frederic II et Mere de frederic III, Roy de Prusse. Ou de Redern, maréchal de la Reyne Mere, fait curateur de l’Académie de Berlin après le maréchal Schmettaw.
A
1° Jaques Sigismond de Rhedre, né 1750.
2° Enceinte, 1751.
(Bibliothèque nationale, Dossier bleu 360, folio 14)



Extrait de l’Armorial de Jean-Baptiste Rietstap, Gouda, 1887.


« Horguelin – Prusse (An., 1748.) Ecartelé : aux 1 et 4 d’argent au membre d’aigle de sable, la patte d’or, celui du 4 contraire ; au 2 de gueule au chevron d’or, accompagné de trois merlettes d’argent (Crommelin) ; au 3 d’or au chevron d’azur, accompagné en chef de deux plumes d’autruche de gueule et en pointe d’une tête de More, tortillée d’argent (Horguelin). L’écu bordé d’or. Casque couronné. Cimier : la tête et col de l’aigle de Prusse. Lambrequins : à dextre d’argent et de sable, à senestre d’or et de gueule ».
(Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général. Editeur : G.B. Van Goor Zonen (Gouda), date d’édition : 1884-1887, 2 volumes)



Sources


(1) Centre historique des archives nationales, secrétariat d’Etat de la R.P.R., Web 2009.

(2) Arch. nationales, TT/149/X, 1727.

(3) Arch. nationales, TT/149/XI, 1735.

(4) Arch. nationales, TT/149/XII, 1735.

(5) Herbert Lüthy, La banque protestante… 2ème édition, Paris, 1970, page 73.

(6) The National Archives, U.K., Prerogative Court of Canterbury, Will Registers, 18 may 1770.

(7) Cyril Buffet, Berlin, Fayard, 1993.

(8) Arch. nationales, MC/ET/XCV/280, ét. Dulion, 1762, & MC/ET/CX/463, ét. Baron, 1765.

(9) Erman et Réclam, Mémoires …, Berlin, 1782-1794, volume 9, page 151.

(10) à (13) Französische Kirche zu Berlin : MRT/IV/263, 1736 ; MAR/III/10, 1748 ; MRT/VI/522, 1762 ; MRT/VII/1582, 1770.

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