Marie Jeanne Horguelin
Marie Jeanne Horguelin (1686-1765), Supérieure de
la Doctrine à Châlons, fille de Jérémie Horguelin,
bourgeois de Châlons, et de Marie Cadet.
La Doctrine chrétienne, Châlons, 1672.
« Le 29 septembre 1592, César de Bus (1544-1607), chanoine de la cathédrale de Cavaillon, fonde la congrégation des pères de la Doctrine chrétienne. Elle a pour but de catéchiser le peuple des campagnes ». (1)
Près d’un siècle plus tard, l’évêque Félix Vialart de Herse « fonde à Châlons (1672) le couvent des Dames de la Doctrine chrétienne que l’on appelle aussi Dames Régentes ou Nouvelles converties ou Nouvelles catholiques, du fait de leur mission : instruire les jeunes filles, spécialement les nouvelles converties (1681) et surtout former des maîtresses d’école capables de servir dans la campagne. Après Châlons, d’autres maisons sont fondées à Vitry, Wassy, Sainte-Menehould ». (2)
En 1698, Marie Jeanne Horguelin, âgée de 12 ans, est « mise par ordre du Roi dans la Communauté des Dames régentes de Vitry.
En 1742, elle est élue assistante de la supérieure de la Doctrine à Châlons.
En 1750, dans une lettre adressée l’abbé Jean Horguelin à Epernay, elle signe : « Supérieure de la Communauté de la Doctrine de Châlons en Champagne ». (4)
Donation à l’Hôtel-Dieu de Châlons, 1758.
Le 20 avril 1758, Marie Jeanne donne par transport à l’Hôtel-Dieu de Châlons, un contrat sur la ville de Paris de 70.000 livres au princial, produisant 1.750 livres de rentes annuelles, aux charges suivantes :
-payer annuellement au corps des maîtresses d’école établies à la campagne, la somme de 500 livres.
-payer aux sœurs de la Trinité à Châlons, la somme de 200 livres.
-payer à l’hôpital Saint-Maur, la somme de 400 livres.
-et 650 livres pour l’Hôtel-Dieu. (5)
Pièces originales
Constitution d'une pension viagère, Châlons, 1726.
"Par devant les Conseillers du Roy notaires à Paris soussignés, fut présent le sieur Jacques Horguelin, banquier à Paris, (...) lequel a, par les présentes, vendu au Sieur Joseph Gandolphe,
les biens suivants (...)
Cette vente faite à la charge par ledit Sieur acquéreur, ainsi qu'il s'oblige, de payer par chacun an, pour et en l'acquis du Sieur Horguelin vendeur, à Dame Marie Jeanne Horguelin sa soeur,
engagée dans la Communauté des Dames Régentes nouvelles catholiques dudit Chaalons, pendant la vie et jusqu'au décès de ladite Dame Horguelin, les cent livres de pension viagère a elle dûe anuellement, suivant l'acte passé par devant de Bar et son collègue, notaires audit Chaalons, le neuf aoust mil sept cent vingt six, controllé et insinué (...)
Passé devant les notaires de Paris soussignés, ce jourd'huy 20 mars 1735".
(Arch. nationale, TT/149/XII, religionnaires fugitifs, 1735)
Note généalogique de Marie Jeanne Horguelin, 1750.
« Marie Jeanne Horguelin est fille de Jérémie Horguelin de Châlons et de Marie Cadet de Vitry le François. Elle a eu trois frères : l’aîné qui s’appelait Pierre est mort à Châlons en 1697 ; le second nommé Jean Horguelin est mort à Breslau au mois de septembre 1745 ; le troisième vit encore et demeure à Berlin à la Frederich Stadt, rue du Milieu. Mes oncles et tantes sont passés hors du Royaume dans le temps de la révocation de l’Edit de Nantes. Je ne sais pas leurs noms. Il y en a un de mort à Breslau il y a bien tente ans. Il me semble que ma grand-mère Horguelin s’appelait Pérette Picard. Pour mon grand-père, je ne sais pas son nom de baptême.
Voila ce que je puis dire la dessus. Mon frère qui est à Berlin a eu tous nos papiers et est plus en état que moi de donner les éclaicissements qu’on demande. Son adresse est ci-dessus.
A Châlons, ce 19 octobre 1750.
Marie Jeanne Horguelin ».
(Bibl. nationale, D.B. 360, folio 42)
Procuration des Dames régentes, Châlons, 1758.
« Par devant les notaires royaux demeurant à Chaalons en Champagne soussignés, furent présentes les Dames régentes et nouvelles catholiques établies à Chaalons, stipulant par Dame
Anne Collet, supérieure, Marie Jeanne Horguelin, assistante, Madeleine Barbier et Marie de Laitré, conseillères, et Marie Vauthier, dépositaire, (…) pour donner procuration à Delle Marie Testard , fille majeure demeurant à Paris chez M. Graffiaut, maître sculpteur, à côté du Sieur Madeleine, marchand couvreur, vis-à-vis M. Le Coque, épicier, rue St Louis dans l’Isle Saint Louis à Paris. (…) aux fins de recevoir les arrérages (…) des rentes constituées au proffit de leur Communauté, sur les Aydes, la gabelle de France, et autres revenus du Roy. (…)
Fait et passé audit Chaalons, en la salle Basse de la Communauté, l’an 1758, le 22 mars après midy(…) et ont signé.
Sordel et Le Nain, notaires ».
(Arch. nationales, G/8/250, Agence du Clergé, Châlons, Communauté des Nouvelles Catholiques, 1682-1767)
Lettre de l’administration des hôpitaux, Châlons, 1893.
« A Monsieur Horguelin, à Châlons.
Châlons, le 29 septembre 1893.
Monsieur,
Par lettre du 17 août dernier, vous avez fait remarquer à Monsieur le Maire de la ville de Châlons que Dame Marie Jeanne Horguelin, votre parente, qui a légué en 1758 à l’Hôtel-Dieu une partie de sa fortune, ne figurait pas parmi les bienfaiteurs dont les noms son reproduits sur les plaques commémoratives déposées dans la chapelle des Hôpitaux-Unis.
J’ai l’honneur de vous informer, en réponse, que la Commission administrative, saisie de votre demande, vient de donner des ordres pour réparer l’omission que vous avez signalée à Monsieur le Maire.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma parfaite considération.
Le vice-président de la Commission administrative ».
(Arch. privées, C.H., mélange, folio 54)
Notes
Note biographique de Bertin du Rocheret.
« Marie Jeanne Horguelin, née à Châlons 1686 ; mise par ordre du Roy dans la Communauté des Dames Régentes à Vitry ; puis Supérieure des Dames Régentes des nouvelles Converties.
Elue, 1742, à la Doctrine à Châlons ; fille de mérite qui écrit et peint bien ; fait bâtir son Eglise, 1758-1760. Laisse 10.000 livres à ses parents, et le surplus à l’Abbé Cazotte qui mourut 1759 ». (Bibl. nationale, D.B. 360, folio 14)
Historique de la Doctrine à Châlons, 1667-1789.
« Le 14 mars 1667, il fut acquis une premiére maison pour cet établissement. Ce fut l’œuvre de l’évêque Vialart de Herse. (…)
En 1686, il fut question d’agrandir cette maison en y joignant le jardin de l’Arquebuse qui la précédait. L’évêque de Châlons (Louis Antoine de Noailles) prit les mesures nécessaires et obtint le 11 janvier 1687, un arrêt du Conseil d’Etat qui approuvait cette proposition.
(Louis Grignon, Topographie historique, Châlons, 1889, page 123)
En 1763, « la duchesse de Noailles fait bâtir l’église de la Doctrine, avec partie des lieux réguliers, ainsi que des appartements commodes ».
(Buirette de Verrières, Annales historiques (…), 1788)
A cette date, Michel Cochelet, marguillier de Saint-Jean de Châlons, note dans son journal :
« On a fait l’esglise de la Doctrine. Elle fut bénie par Mgr Choiseul ; et ils ont fait une maison neuve ».
(Mémoires de la SACSAM, tome 13, 1910, page 227)
En 1789, le couvent des Dames régentes est supprimé. Il sert de caserne en 1793. Il est enfin réuni à l’Ecole des Arts et Métiers en 1806.
(Grignon, page 124)
L’abbé Cazotte, chanoine de la cathédrale de Châlons.
Bernard Cazotte, bourgeois de Dijon, et Marie Taupin sa femme, ont plusieurs enfants dont :
-Chrétien Nicolas Cazotte, né à Dijon.
-Jacques Cazotte, né paroisse Saint-Médard à Dijon le 7 octobre 1719.
Chrétien Nicolas Cazotte « fait une brillante carrière ecclésiastique en tant que chanoine de la cathédrale de Châlons (1736), grand vicaire et archidiacre du diocèse de Chalons (1749).
Il achète de nombreuses parcelles de vignes et des maisons vigneronnes autour de Pierry (près d’Epernay), ainsi que le domaine de la Marquetterie (à Pierry). Il meurt en 1759 et lègue tous ses biens à son frère Jacques Cazotte.
(Balade au 18ème siècle à Pierry, Web 2009)
Jacques Cazotte « est commissaire de la Marine aux Antilles (1747). Il se retire ensuite à Pierry (1760) pour se consacrer à ses goûts littéraires. Il publie en 1772 Le Diable boiteux.
Maire de Pierry en 1790, il est accusé de menées royalistes. Il est arrêté et guillotiné le 25 septembre 1792, en prononçant : Je meurs comme j’ai vécu, fidèle à Dieu et à mon Roi.
Des 116 tableaux de sa collection, transportés à Châlons, il en reste deux à l’église St-Alpin et trois au musée (de Châlons) ».
(Philippe Seydoux, Châteaux et Manoirs de Champagne, Edit. la Morande, 1993, p. 61, et Web 2009)
Sources
(1) César de Bus, biographie, Web 2009.
(2) Maurice Poinsignon, Histoire générale de la Champagne et de la Brie, 1897, tome 3, p. 285.
(3) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 14.
(4) Bibl. nationale, D.B. 360, f° 42.
(5) Arch. privées, C.H., fichier bleu, Histoire des hôpitaux, 1758.
jeudi 18 juin 2009
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